DES PLANS LOGISTIQUES CRÉATIFS POUR DES OPÉRATIONS FLUIDES À EN GARDE 90 ET GARDIEN FÉROCE 91
Lieutenant-colonel Guy Gosselin,
OSEM LOG SE(M)
ancien commandant du Fus Mont-Royal
La réalisation des concentrations d’En Garde 90 et Gardien Féroce 91 à Gagetown a nécessité une réorganisation rapide des ressources du CIM Valcartier et Farnham vers le Groupe Brigade Secteur de l’Est (GBSE), en moins de 24 heures. Près de 4 000 soldats du GBSE ont utilisé les véhicules et équipements des CIM, qui ont été acheminés à Gagetown pour permettre le début de l’entraînement dès le lendemain.
Les membres des unités qui n’étaient pas sur les CIM ainsi que leurs équipements, ont été transportés depuis diverses villes de la province vers le site de la concentration à Gagetown. Les véhicules et équipements ont été répartis dans les secteurs d’entraînement et mis à disposition des unités dès l’arrivée des troupes.
Les services logistiques, notamment l’alimentation et la maintenance des véhicules, étaient opérationnels dès le premier soir pour garantir le bon déroulement de l’entraînement dès le deuxième jour. Le transport des véhicules et containers s’est effectué par train, avec une avant-garde chargée de leur distribution sur le terrain. Une flotte de véhicules a assuré le déplacement des troupes vers leurs emplacements respectifs.
Le plan a été exécuté avec succès, incluant une pause déjeuner et une avance de solde au centre de ski Mont Fairlane. Le Bataillon des Services du SE(M) a mis en place des installations de douches et de lessive, construisant même un second système à partir de matériel civil pour répondre aux besoins des unités. Le retour des troupes à leurs unités respectives s’est effectué le jour même de la fin de l’exercice.
OFFICIER SUPÉRIEUR d’ÉTAT-MAJOR - PERSONNEL
QG - SECTEUR DE l’EST (MILICE)
Auteur : Lcol P Véronneau, (Ret)
Avec la participation du Lcol J. Gauthier (Ret)
Ancien commandant Les Fusiliers de Sherbrooke 1984-1987
Vers la fin des années 1980, les autorités de Secteur de l’Est-Milice (SE(M)), ont mis de l’avant d’importantes réformes de son organigramme. L’une des plus marquantes a été la décision de confier certains postes clés d’administration et de gestion à des officiers de la Réserve en service de classe A (temps partiel).
Jusqu’alors, ces fonctions relevaient principalement du personnel de la Force régulière, de réservistes en classe B (temps plein) ou dans certains cas, du personnel civil.
L’objectif était double : offrir aux réservistes des occasions concrètes de contribuer au fonctionnement du SE(M) en dehors des sphères traditionnelles de commandement et d’opérations, et ainsi, développer une expertise de haut niveau au sein même de la Milice.
L’un des premiers postes visés fut celui de la gestion du personnel. Le lieutenant-colonel Jean Gauthier (Ret), commandant Les Fusiliers de Sherbrooke (1984-1987), fut choisi pour occuper les fonctions d’Officier supérieur d’état-major - Pers. À ce titre, il dirigeait l’ensemble des services liés à la gestion du personnel : enrôlement, libérations, promotions, cheminement de carrière, enquêtes sommaires, discipline et autres responsabilités connexes. L’intégration de réservistes à ces postes de haute direction suscita naturellement quelques tensions au départ, mais la transition se stabilisa rapidement.
Pour un réserviste de classe A, cette nouvelle réalité comportait son lot de défis en plus du travail à accomplir.
Le Lcol Gauthier raconte :
« Chaque semaine, je visais d’être à mon bureau du QG vers 16h30. Pour ce faire, je devais quitter Sherbrooke à 15h00 au plus tard. Par souci d’efficacité, je prenais mon repas sur place une fois arrivé avant d’enchaîner les réunions et sessions de travail avec mes supérieurs et mon personnel. Quand tout se passait bien, je reprenais la route vers Sherbrooke à compter de 22h30, ce qui me permettait d’arriver à la maison vers minuit. »
Un des faits saillants de cette période fut la mise en place d’un système informatique destiné à rationaliser et à moderniser les nombreuses tâches liées à la gestion du personnel. Ce virage technologique était une véritable révolution puisque les systèmes remplacés étaient presque entièrement basés sur le papier. L’innovation toucha à la fois le travail en garnison mais aussi, celui en campagne.
Cette approche moderne fut d’ailleurs testée avec succès en 1990, lors du déploiement historique de l’exercice En Garde à la BFC Gagetown. Avant l’informatisation, le « système-papier » exigeait beaucoup plus de ressources, humaines surtout.
Le Lcol Gauthier a occupé le poste d’OSEM Pers jusqu’en 1991, alors qu’il lui a été confié le rôle de Contrôleur au QG - SE(M).
Régiment blindé Secteur de l’Est (M) - RBSE
En Garde 90 et Gardien Féroce 91
Lcol G. de V Domville
Commandant RBSE
Ancien commandant Royal Canadian Hussars (Montréal)
Les concentrations estivales étaient une partie importante des programmes d’entraînement des quatre régiments blindés du Secteur de l’Est (M):
Ces quatre unités ont uni leurs forces pour former une seule organisation régimentaire, le Régiment Blindé du Secteur de l’Est (RBSE) ou Régiment Blindé du Secteur Québec (RBSQ). Cette unité composite comprenait un quartier général régimentaire, un escadron de commandement et de soutien, un escadron de reconnaissance et, pour la première fois, trois escadrons de Cougar. Pour les exercices En Garde 90 et Gardien Féroce 91, les unités devaient relever le défi de déployer au moins une sous-unité de l’échelon F avec du personnel de soutien. Chaque unité a atteint ou dépassé ses objectifs, car l' effectif du RBSE était de 425 lors de En Garde 90 et de 450 lors de Gardien Féroce 91.
Les ressources limitées en équipements de la milice ont été complétées par le 12e RBC, qui a essentiellement fourni un accès complet à son équipement régimentaire ainsi que l’expertise et le soutien nécessaires. Cela a permis de maximiser les opportunités de mener un entraînement collectif interarmes amélioré, conformément au concept de Force Totale. L’interaction entre les réguliers et les réservistes était généralement très positive et sans heurts.
L’entraînement collectif était principalement axé sur les opérations au niveau de l’escadron et de l’équipe de combat, ainsi que sur des exercices de tir réel. Le terrain d’entraînement de la BFC Gagetown était idéal, offrant un espace vaste et varié pour les manœuvres conjointes. L’entraînement interarmes avec des unités composites d’infanterie, d’artillerie et du génie, ainsi que les autres services de soutien, était au cœur de la plupart des activités et a permis une coopération et une expérience interarmes extrêmement précieuses.
Les deux exercices - En Garde 90 et Gardien Féroce 91 - étaient conçus pour donner aux unités blindées un entraînement efficace au sein d’un régiment opérationnel sur le terrain. L’entraînement était exigeant et l’esprit de corps était élevé tout au long des opérations.
2025-11-12
Régiment d’Artillerie – Secteur de l’Est (M)
R.A.S.E.
Concentrations - Artillerie
LCol (Ret.) Gilbert Guay, OSEM Artillerie.
Ont aussi apporté leur collaboration :
Bgén (Ret.) Richard Frenette, OSEM Artillerie.
LCol (Ret.) Clément Gaudreau, Commandant 6 RAC, 1977-1980.
Col Richard Garon « Les Rendre… Jamais » Histoire du 6 RAC.
Au milieu des années 1960, avec la diminution des entraînements reliés à la défense civile, les unités d’artillerie du Secteur de l’Est ont rapidement remis en priorité l’entraînement des métiers propres aux artilleurs.
Les années 1970 ont ainsi vu les trois unités d’artillerie du SE(M), soit le 2 RCA, le 6 RAC et le 62 RAC tenir des exercices de tirs réels sur la base de Gagetown, exercices de plus en plus fréquents et de plus en plus coordonnés. Ces exercices ont requis l’établissement d’objectifs communs et un accroissement de la qualité des apprentissages. Ces concentrations annuelles, tenues au mois d’août ou, parfois, durant l’automne, requérait des unités d’établir leurs priorités et leurs besoins grâce à des relations étroites avec l’unité-sœur de la Force Régulière, le 5 RALC.
À compter de 1979, les concentrations annuelles d’artillerie prennent le nom de « PETITE MERE ». Elles se déploieront, sans discontinuer, sur la BFC Gagetown, au mois d’août jusqu’en 1989 avec le dernier exercice, « PETITE MERE XI ».
Dès le début des années 1980, les commandants des unités d’artillerie du Secteur avec leur vis-à-vis du 5 RALC, ont formalisé des rencontres de coordination à être tenues sur une base annuelle.
En 1983, le général Dallaire, alors chef d’état-major au Quartier-Général du Secteur, a préconisé que soit instauré des positions d’officier-aviseur (OSEM) auprès du commandant du Secteur. Les artilleurs s’avérèrent les plus diligents à profiter de cette opportunité et s`affairèrent à améliorer la coordination des activités d’entraînement des artilleurs tels les cours nationaux, les cours à l’école régimentaire du 5 RALC.
L’aviseur-artillerie (OSEM) se préoccupa surtout de l’organisation de la concentration estivale « PETITE MERE ». L’une des premières orientations mises de l’avant par le premier officier-aviseur fit en sorte que chacun des commandants des unités d’artillerie du secteur obtint, à tour de rôle, l’opportunité de commander le Régiment d’Artillerie du Secteur (RASE) durant le déploiement de l’exercice « PETITE MERE ». Cette tâche lui a été facilitée par le fait qu’un capitaine ou un major furent affectés au QG du Secteur par l’Artillerie afin d’en supporter la planification.
De l’exercice « PETITE MERE I » à l’exercice « PETITE MERE XI », soit pour une durée de plus de dix ans, les artilleurs du SE(M) vont se rendre à la BFC de Gagetown. Ils y déploieront trois Batteries d’Artillerie dotées de 4 à 6 obusiers. Ils participeront ainsi à un éventail d’activités propres à l’artillerie avec surtout, des Missions de Tir de batterie et souvent, à des Missions de Tir régimentaires. Ils ont aussi pu participer, à quelques reprises, alors que le 5 RALC était aussi déployé à Gagetown, à un tir régimentaire réalisé par le RASE avec le renfort d’obusiers automoteurs M 109.
L’exercice « Petite Mère V », en 1983, a permis aux artilleurs du SE(M) de se familiariser avec des déplacements héliportés d’obusiers, de leur allocation de munitions et de leur équipage pour aller occuper une position de tir et y engager leur cible. Cet exercice « Petite Mère V » a aussi vu le 6 RAC déployer 118 de ses membres ce qui en fit, non seulement l’unité du Secteur ayant l’effectif le plus nombreux mais aussi de surpasser les effectifs des unités du Secteur Atlantique aussi présentes au même moment à Gagetown.
L’exercice « Petite Mère XI », en août 1989, voit la fin de cette série de concentrations estivales. À l’été 1990, toutes les unités du Secteur de l’Est mobilisèrent une entité pour prendre part, à la BFC Gagetown, à l’exercice « En Garde 90 ». Cette concentration majeure voit la mobilisation de près de 4 000 miliciens du Secteur de L’Est. Près de 400 artilleurs s’y retrouvent également au sein du RASE et ils sont commandés par le commandant du 2 RCA.
Le RASE ainsi déployé était constitué de deux Batteries de 6 obusiers et d`une autre Batterie de 5 obusiers. Ils ont réalisé plusieurs missions de tir de niveau de la batterie. Ils ont aussi démontré à leurs confrères des autres armes une mission « Plan de Feu Régiment » avec la puissance de feu qui en résulte.
Les unités du Secteur de l’Est, toutes armes confondues, ont aussi pris part à l’été 1991, à l’exercice « Gardien Féroce » et elles ont réédité le même genre d’exercice en 1992. Ces deux exercices se voulaient une réédition de l’exercice « En Garde 90 ». Les données concernant ces deux derniers exercices n’ont pu être recueillies pour le moment.
UBIQUE
Obusier en action
Exercice En Garde 1990 et Charlevoix 1991
Regroupement des unités de Génie du Secteur de l'Est (M)- RGSE
Major Gilles Gignac
commandant du 10 Escadron du Génie de Campagne de Québec
commandant RGSE - Charlevoix 91
L'exercice En Garde 1990, s'est tenu à la base des Forces canadiennes de Gagetown. Cet exercice regroupait les réservistes de la province de Québec, de tous les types d'armes, blindés, artilleries, infanteries, génie, bataillon des services et médical.
L'objectif était de partager avec les différents corps, les interactions réelles entres eux.
Pour le Génie, il était nécessaire de construire un pont qui permettait aux blindés et à l'infanterie de franchir l'obstacle (rivière) afin de progresser dans l'avance au contact. Le regroupement des trois unités de génie du SE(M), sous le commandement du LCol Jean Trépanier, a permis d'exécuter la construction du pont et permettre, en temps réel, le franchissement de la rivière.
La composition du Régiment de Génie :
· Le 3 Régiment du Génie de Montréal avec 80 participants;
· Le 9 Escadron du Génie de Rouyn-Noranda avec 50 participants;
· Le 10 Escadron du Génie de Québec avec 100 participants;
Pour un total de 230 personnes de tous grades.
Participait aussi à cet exercice le Colonel Pierre Giroux, OSEM génie militaire.
L'exercice Charlevoix 1991, s'est déroulé dans la municipalité de St-Irénée, de même que dans le Parc Des Hautes-Gorges.
Le but de l'exercice était de démontrer les capacités du génie militaire à accomplir les mêmes tâches, en temps de guerre, que les services civils en temps de paix.
La préparation à ce déploiement qui a eu lieu en août 1991, a été fait en collaboration avec les autorités civiles de la municipalité, et le commandement du SE(M).
La composition du Régiment de Génie :
· Le 3 Régiment du Génie de Montréal avec 85 participants;
· Le 9 Escadron du Génie de Rouyn-Noranda avec 50 participants;
· Le 10 Escadron du Génie de Québec avec 110 participants;
Pour un total de 245 personnes de tous grades.
Pour l'occasion, le Régiment fut commandé par le Major Gilles Gignac, commandant du 10 Escadron du Génie de Campagne de Québec.
Le support du 5 Régiment du Génie de Combat de la Base de Valcartier, fut impressionnant tant pour les réservistes que pour les résidents locaux de la municipalité.
Il y avait quatre tâches principales à réaliser :
· La réfection d'une route verbalisée au nord de la municipalité;
· La réfection du mur de soutènement du parc de la municipalité et remise en fonction du terrain pour les compétitions de baseball;
· La réfection et surtout l'élargissement d'une portion du chemin d'accès au Parc des Hautes-Gorges;
· La mise en place des bases de soutènement d'une éventuelle passerelle au niveau de la rivière.
Naturellement, les travaux de dynamitage et d'élargissement de la route d'accès au Parc des Hautes-Gorges ont été les plus impressionnants et les plus satisfaisants tant pour l'entraînement de nos miliciens que pour les gestionnaires du Parc.
La Municipalité a été aussi très fière de nous accueillir et lors de la journée portes ouvertes pour les journalistes, nous avons eu une couverture médiatique de grande qualité et de grande envergure.
Ces deux exercices ont démontré, hors de tous doutes, la capacité des réservistes du génie militaire canadien à exécuter les tâches comparables à leurs collègues de la force régulière.
Bataillon Vanier
En Garde 90 et Gardien Féroce 91
Colonel (ret) Roger Chouinard
Commandant Bataillon Vanier 1990 et 1991
Adjuc Benoit Léveillé, SMR En Garde 1990
Adjuc Bruno Côté, SMR Gardien Féroce 1991
Commandant Régiment de Maisonneuve 1988-1991
Commandant District No 2 du Québec 1996-1997
Commandant 34 GBC 1997-1999
Le bataillon Vanier a été formé lors des exercices En Garde 90 et Gardien Féroce 91 en provenance d’unités des Districts No 1, No 2 et No 3 du Québec dans un concept d’entraînement au niveau de compagnie au sein d’un bataillon d’infanterie mécanisée.
Le bataillon Vanier avait pour mission d'entraîner des troupes polyvalentes, capables d’opérer dans un grand spectre des opérations tant à pied que mécanisé. Le bataillon Vanier s’est rapidement démarqué à titre de locomotive de tête parmi les unités du Groupe-Brigade du Secteur de l’Est (M), grâce notamment par la qualité de son entraînement et à la capacité d’adaptation de ses membres.
Le bataillon Vanier s’articulait avec 4 compagnies mécanisées avec des véhicules blindés légers et des véhicules M113 provenant des unités du 5eGBMC.
Lors de l’exercice En Garde 90, le bataillon Vanier avait plus de 650 réservistes et près de 100 membres de la Force régulière. Le bataillon Vanier était composé :
· 1 compagnie du Régiment de la Chaudière
· 1 compagnie du Régiment de Maisonneuve
· 1 compagnie du 6eR22eR
· 1 compagnie du Canadian Grenadier Guards
· Renforts de 2eR22eR et du 3eR22eR
· 1 compagnie des services
· 1 quartier-général de bataillon
Lors de l’exercice Gardien Féroce 91, le bataillon Vanier avait plus de 750 réservistes et près de 100 membres de la Force régulière. Le bataillon Vanier était composé :
· 1 compagnie des Fusiliers du St-Laurent
· 1 compagnie du Régiment de Maisonneuve
· 1 compagnie du 6eR22eR
· 1 compagnie des Fusiliers de Sherbrooke et Canadian Grenadier Guards
· Renforts de 2eR22eR et du 3eR22eR
· 1 peloton de Reconnaissance du Régiment de Maisonneuve
· 1 compagnie des services
· 1 quartier-général de bataillon
À lui seul, le Régiment de Maisonneuve avait plus de 200 membres lors de l’exercice Gardien Féroce 91. Par ailleurs, plus de 30 membres du Régiment de Maisonneuve étaient simultanément affectés au cours de la même période sur des cours et autres tâches, dont notamment la Compétition interallié des officiers de Réserve (CIOR) à Paris dont la majorité de la composition de l’équipe canadienne provenait du Régiment de Maisonneuve. Lors de cette compétition, le Canada a d’ailleurs remporté la médaille d’or.
Par ailleurs, le Régiment des Fusiliers du St-Laurent a pour sa part déployé deux compagnies complètes lors de Gardien Féroce 91, la première avec le bataillon Vanier et la seconde au sein du bataillon Vaudreuil.
L’entraînement préparatoire et la participation aux exercices En Garde 90 et Gardien Féroce 91 ont permis aux officiers et aux sous-officiers d’acquérir une confiance accrue dans leur capacité à diriger des opérations mécanisées au niveau de peloton et compagnie. Ces compétences ont eu des retombées extrêmement significatives lors de leur retour à leurs unités respectives, contribuant à l’amélioration générale de l’entraînement ainsi qu’à l’efficacité opérationnelle.
Soldate Hélène Lescelleur du Régiment de Maisonneuve, page couverture de la Revue Sentinelle été 1990.
Bataillon Salaberry
En Garde 90 et Gardien Féroce 91
Capitaine (ret) Ghislain Plante
SMC du camp EN GARDE 90
SMR du Bataillon Salaberry GARDIEN FÉROCE 91
Lcol(ret) Claude Pichette
Commandant-adjoint du Bataillon Salaberry
Le Bataillon Salaberry a été formé lors des exercices En Garde 90 et Gardien Féroce 91. Il était commandé par le Lcol Alain Gauthier, et la majorité du PC du Bataillon et de la compagnie de service provenait du régiment Les Voltigeurs de Québec.
Lors de l’exercice EN GARDE 90, le bataillon Salaberry était constitué des unités suivantes:
· The Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada
· Les Voltigeurs de Québec
· Les Fusiliers Mont-Royal
· Le Régiment du Saguenay
Le bataillon Salaberry était composé de quatre compagnies de chacune trois pelotons de 35 soldats et d’un PC de 5 personnes pour un effectif total de 110 membres par compagnie, d’une compagnie de service et d’un quartier général.
L’entraînement mécanisé a connu un très grand succès. Chacune des quatre compagnies a pu bénéficier des véhicules M113 et de l’expertise des membres du 3R22R durant la première partie de la concentration.
Lors de l’exercice final, le déplacement des équipes de combat du Bataillon Salaberry en pleine nuit de Petersville vers la ligne de départ située à une distance de près de 25 kilomètres a été une expérience marquante pour les soldats du bataillon.
Le déplacement et le ravitaillement en carburant s’est effectué en accord avec les plans.
Le bataillon a pu également s’entraîner au rappel avec la contribution des hélicoptères américains des National Guards regroupés pour l’exercice par le Lcol John Guimond du 438e escadron de la réserve aérienne canadienne de St-Hubert. Le Lcol Guimond a réparti la vingtaine d’hélicoptères américains sur trois héliports mis sur pied par son personnel.
De plus, lors de l’exercice Gardien Féroce 91, le Bataillon Salaberry était toujours formé de quatre compagnies, mais en provenance de seulement trois unités, soit :
· The Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada
· Les Voltigeurs de Québec; et
· 4R22R (Châteauguay)
La croissance des effectifs des régiments d’infanterie força la recomposition des bataillons pour maintenir les bataillons à quatre compagnies de 113 personnes.
Lors de l’exercice Gardien Féroce 91, deux nouveaux bataillons furent ajoutés á la Force Rouge pour tenir compte de la croissance fulgurante des effectifs:
· 328e Bataillon de parachutistes; et
· 82e Bataillon d’infanterie
L'élément le plus marquant de la concentration de 1991 fut, sans contredit, la « relève d’une compagnie décimée » effectuée par les quatre compagnies du Bataillon. Le réalisme du site a fortement contribué à l’apprentissage du métier de nos miliciens.
Le résultat le plus significatif des concentrations de fin d’été a été de consolider l’entraînement dans un contexte plus réaliste et de permettre d’améliorer l’expertise des cadres et la qualité de l’entraînement de fin de semaine à l’unité.
À long terme, ces exercices ont favorisé à la fois le recrutement de nos miliciens dans la Force régulière et un recrutement accru de nouvelles recrues dans nos unités.
328 Bataillon parachutiste
Gardien Féroce 91
Bgén (ret) Denis Belleau
Commandant 328 Bataillon parachutiste
Commandant Régiment de la Chaudière
Commandant 35eGBC
Commandant-adjoint SQFT
Avec les autres commandants d’unité du Secteur de l’Est (Milice), j’attends impatiemment le moment ou le brigadier-général M.-A. Bélanger, commandant du Secteur de l’Est (Milice) va distribuer les rôles pour la concentration d’été. Je suis confiant, mon unité, Le Régiment de la Chaudière est en bonne santé avec près de 320 membres actifs. Nous performons bien en exercice et notre état-major est assez bien rempli, nous méritons un rôle de commandement. Les trois commandants de bataillons d’infanterie sont nommés et je n’en fais pas parti quand j’entends Chaudière 328 Para force ennemie.
Hourra, j’ai le job et honnêtement j’ai la meilleure des tâches, fournir l’ennemi, sans lequel l’entrainement manquerait grandement de réalisme.
Pour nous cette tâche impose un défi de plus, faire en sorte que l’entrainement de nos troupes ne soit pas réduit à un rôle artificiel sans valeur ajoutée. Je me donne donc pour défi que les ennemis auront des ordres complets, suivront les procédures de batailles, auront un scénario réaliste et un grand nombre de défi à relever. Pas question de se contenter de se trouver au point A, se faire attaquer et mourir.
Les préparatifs s’étirent pendant de longues semaines et le 328 Bataillon Parachutiste (328 Para) prend forme. Il comptera 3 compagnies de manœuvre, dont une dédiée aux tâches héliportées. Le Régiment de Saguenay nous fournis une compagnie plus un peloton, qui complètent nos 5 pelotons, Avec les attachés, les éléments de l’échelon A et de commandement, c’est un groupe de 450 personnes qui va s’efforcer à rendre réaliste l’entrainement des forces bleues.
La reconnaissance sur le terrain de la Base de Gagetown permet de mettre en perspective les défis d’espace et de temps. C’est grand, surtout à pied ! Mais comme le plan de bataille des forces bleues se raffermi, je peux élaborer lentement le mien, comme les membres du GBSE (Groupe brigade du Secteur de l’Est) seront en offensive, le 328 Para échangera espace contre temps dans le cadre d’opérations de force de couverture. Nous occuperons et tiendrons une série de position de retardement avec comme changement, que nous y demeurerons jusqu’à ce que les forces bleues aient terminé leurs attaques. Mais ce sera notre seule concession.
Le jour du départ arrive et 285 membres du Régiment de la Chaudière embarquent dans les autobus, destination Gagetown via St-Roch des Aunais et Mont Forlane. Le GBSE a bien organisé la chose : essence, collation et même avance de paie sans compter la pose toilette essentielle nous attendent. Chaque soldat aura donc un peu d’argent pour son séjour. Signe d’une organisation de qualité tout roule efficacement, on dirait l’Armée!
Arrivés au Bivouac Enniskillen nous trouvons les tentes modulaires qui vont nous abriter pour les prochains 10 jours.
On débute rapidement l’installation de notre Poste de commandement temporaire et on débute l’entraînement. Dix jours précieux qui ne sont pas à gaspiller.
Les trois compagnies d’infanterie du 328 para doivent se préparer à un rôle ingrat, mourir pour la patrie ! Mais je ne veux vraiment pas que mes 450 soldats soient de simples aides à l’entraînement. Ils vont accomplir leurs tâches en vrai militaires avec de vrais ordres d’opération, un vrai scénario et un entrainement réaliste. Nous allons servir de force de couverture pour l ’Armée Fantassine et échanger du terrain pour du temps. La seule concession aux rôles d’ennemi sera de demeurer sur place pour permettre aux forces bleues de compléter leurs attaques.
Opportunistes, nous profitons à plein de la présence des Gardes Nationaux US, avec leurs hélicoptères Chinook et Huey pour former tous les membres du 328 sur ces appareils. Tout le monde fait au moins un vol de familiarisation. Commis ou fantassins sans exception.
Le temps passe rapidement et la phase tactique approche. Nous nous déployons vers nos positions de départ en utilisant une fois de plus les hélicoptères. A la fin de l’exercice le 328 Para aura utilisé près de 615 heures de vols, soit plus que la 5e Brigade lors de son propre entrainement.
Seuls les chauffeurs de nos quelques véhicules feront la route de nuit.
La guerre débute et nos compagnies s’activent. Notre Poste de Commandement tactique, caché dans un boisé, principalement composé des commis s’entraine aussi, et nous pouvons même repousser une éventuelle attaque…organisée par le commandant adjoint. Tout le monde s’entraine dans le 328 para. Notre Pronto fait des merveilles pour garder les réseaux opérationnels malgré la chaleur suffocante qui règne dans les PC Vans.
Les combats font rage et nous tenons les forces bleues occupées. Nous avons grâce aux hélicoptères, une grande flexibilité et nous terminons l’exercice en renforçant une position par un transport d’une compagnie en hélicoptères ce qui montre la débrouillardise de nos gens et la flexibilité des pilotes… Pendant ce temps, avec le major Bernard Garant, mon commandant de batterie d’artillerie, debout sur les capots de nos JEEP, nous demandons le tir des artilleurs sur la position de rassemblement des forces bleues avec un grand succès…!
Après le nettoyage, les douches et la parade finale nous repartons vers nos foyers. Il y a plusieurs centaines d’histoires de guerre flambant neuves à raconter et chose étrange, le recrutement sera excellent cet automne.
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